Tout le monde le
connaît : Il est titulaire des grandes orgues de l’église Nore-Dame de Lourdes de Mont-Joli depuis de très nombreuses
années; il a aussi enseigné la musique à
l’école le Mistral. Ensuite?... Depuis
notre rencontre, j’en sais un peu plus sur l’homme qu’est Claude Bélisle. C’est avec grand plaisir que je vous le
présente.
Dès son très jeune âge,
la musique a occupé une place importante dans la famille. Sa mère a enseigné le
piano à de nombreuses personnes à Mont-Joli et dans les environs. Dès l’âge de sept ans, Claude faisait ses
gammes avec sa maman. Après avoir délaissé l’instrument pendant
trois ans, il y est revenu et ne
l’a plus jamais quitté. Avec les années,
son talent s’est aussi fait valoir à l’orgue, à la guitare, la flûte, la
trompette. Comme presque tous les Mont-Joliens de l’époque, Claude a fait ses études au Collège
avec les Frères du Sacré-Cœur tout en continuant ses cours de piano avec un
professeur de Rimouski. À dix-huit ans,
il entre à l’emploi du Ministère fédéral des Transports, branche de l’aviation civile. À cette époque, toute correspondance devait se
faire en anglais seulement. Parallèlement à son travail au bureau, Claude est
aussi membre de l’armée de Réserve des Fusiliers du Saint-Laurent de l’armée de terre canadienne. Il obtient le grade de Capitaine à l’École de
Musique de l’Armée canadienne en Colombie- Britannique. À cause de son implication et des nombreuses
années dans ces fonctions, Claude a été décoré de la Médaille C.D., la Médaille du service
méritoire et du prix du Duc d’Édimbourg.
Un musicien de talent
comme lui ne passe pas inaperçu dans une petite ville comme Mont-Joli. La Commission scolaire régionale du
Bas-St-Laurent en est à ses débuts et souhaite mettre en place son département
de musique. La direction fait appel à
ses services. Claude n’ayant pas de
Brevet d’enseignement, on lui octroie un permis annuel. L’expérience commence à raison d’une heure
par jour tout en maintenant son travail au Ministère des Transports. Comme l’essai
est concluant de part et d’autre, une tâche complète lui est attribuée. Claude n’entend pas continuer l’enseignement
sans formation pédagogique. Il s’inscrit
à des cours d’été à l’Université Laval;
il fréquente aussi l’Université du Québec à Rimouski et décroche son Baccalauréat. Pendant de nombreuses
années, les étudiants de la Polyvalente
de Mont-Joli et du Paul-Hubert de Rimouski ont eu la chance de faire de la
musique avec lui. Il a mis sur pied
l’Harmonie scolaire et a travaillé avec les groupes de guitares, de flûtes.
Claude a toujours mené
de front plusieurs dossiers . Il a formé
un orchestre qui fut très
populaire. Avec ses musiciens, sa
chanteuse, ils ont animé bien des soirées de mariage, se sont produits lors des expositions industrielles
et autres événements. Il a accompagné de
très nombreuses interprètes et chorales, a été membre de l’Harmonie
Antoine-Perreault. Après une formation dans
une école de la Californie,
il est devenu accordeur de piano.
Aujourd’hui encore, une fois l’an,
il fait sa tournée de Québec à Gaspé en passant par la Côte Nord. Alors qu’il
était enseignant, il lui arrivait souvent de rencontrer des élèves de piano, de
guitare chez lui, à l’heure du dîner. Ce
qui restera sans doute l’œuvre de sa vie, c’est son titre d’organiste à la
paroisse Notre-Dame de Lourdes de Mont-Joli.
Le 25 décembre 1952, Claude accompagnait pour la première fois la
chorale de l’église pour la
Messe de Minuit. En
décembre 2007, il sera là pour la 56e fois sans arrêt. Pour les messes dominicales, les funérailles,
les mariages, les Vêpres, les Quarante-Heures, les retraites, Claude était
là. Il y est d’ailleurs toujours même si
certains offices ne sont plus au programme.
Rarement il prend congé. Pour ce
dévouement, cette fidélité exemplaire, Monseigneur
Bertrand Blanchette lui a remis la Croix Saint-Germain
du mérite diocésain lors des fêtes du centenaire de la paroisse en 2005.
En septembre dernier,
Claude et Cécile fêtaient leur 50ième anniversaire de mariage. Sa conjointe aussi
est musicienne. Elle a initié plusieurs
jeunes enfants au rudiment du piano.
Discrète, souriante, Cécile seconde toujours son Claude. C’est elle qui lui servait son repas durant
les leçons du midi alors que c’était souvent le seul moment disponible pour
rencontrer des élèves. Claude et Cécile
sont les parents de Pierre, pianiste
accompagnateur à l’Université du Québec à Montréal et membre du groupe La
Bottine souriante; leur fille Carolle touche l’orgue à Métis. « Bon sang ne saurait
mentir »… Ils sont aussi les grands-parents de cinq petits-enfants dont
ils sont, à juste titre, très fiers.
Claude s’est toujours
intéressé à la musique. Il n’avait que
dix-sept ans quand le député Onézime Gagnon a voulu
l’aider dans la poursuite d’une carrière nationale et internationale. À ce moment ce n’était pas un objectif pour
lui. Avec le recul, on sait qu’il aurait
sûrement réussi à se distinguer. Il a d’ailleurs remporté le prestigieux
concours d’interprétation des Jeunesses musicales du Canada, section
Rimouski. Aujourd’hui, c’est avec
bonheur et pour notre plus grand plaisir qu’il fait vibrer l’orgue Casavant de l’église de tous ses tuyaux. Une pièce de Bach ou de Haendel sous ses
doigts est un pur ravissement et incite au recueillement.
Mais la musique
n’occupe pas toute sa vie. Claude a de
multiples talents. C’est un jardinier
très fier de ses récoltes, de ses conserves;
un cuisinier qui ne craint pas de comparer son cipaille,
ses rôtis, ses tartes, ses biscuits avec qui le veut bien. La menuiserie lui procure beaucoup de
plaisir. Ses planchers, meubles, boiseries nous le prouvent bien.
Cette rencontre avec
Claude et sa conjointe a été fort agréable.
Leur accueil généreux, leur disponibilité faisaient plaisir à voir. À la retraite depuis quelques années déjà,
Claude est resté actif et productif et surtout heureux de l’être. Que pouvons-nous lui souhaiter de plus si ce
n’est que la santé lui permette de continuer encore longtemps dans la joie et
la sérénité. Cher Claude, merci pour cette rencontre qui nous a permis
de te connaître un peu plus. Que la vie
te soit douce et bonne.
Lucille Jean-Desrosiers
Octobre 2007